Santé mondiale

Pénurie d’infirmiers : l’OMS alerte sur un défi majeur pour les systèmes de santé dans le monde

EVE HEALTHY - EVERHALDO. H 17 AugAugAugAug 2026 Santé mondiale

Pénurie d’infirmiers : l’OMS alerte sur un défi majeur pour les systèmes de santé dans le monde

Les systèmes de santé reposent sur une profession essentielle : celle des infirmiers. Pourtant, malgré une progression des effectifs mondiaux, de nombreux pays continuent de faire face à une pénurie importante de personnel infirmier.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le nombre d’infirmiers dans le monde est passé de 27,9 millions en 2018 à 29,8 millions en 2023. Cette progression constitue un signe encourageant, mais elle ne suffit pas à répondre aux besoins croissants des populations.

L’OMS estimait encore la pénurie mondiale à 5,8 millions d’infirmiers en 2023. Si les tendances actuelles se poursuivent, cette pénurie pourrait diminuer à environ 4,1 millions d’ici 2030. Mais cette amélioration mondiale masque des différences considérables entre les pays et les régions.

Une répartition très inégale des professionnels

Le problème ne concerne donc pas uniquement le nombre total d’infirmiers disponibles dans le monde.

L’OMS souligne une forte concentration des professionnels dans certaines régions. Environ 78 % des infirmiers mondiaux travaillent dans des pays qui représentent seulement 49 % de la population mondiale.

Cette répartition inégale signifie que certaines populations disposent d’un nombre relativement important de professionnels de santé tandis que d’autres doivent composer avec des effectifs insuffisants.

Les pays à revenu faible ou intermédiaire rencontrent notamment des difficultés pour former suffisamment de professionnels, créer des emplois et retenir les infirmiers dans leurs systèmes de santé.

Pourquoi cette pénurie est-elle préoccupante ?

Les infirmiers constituent une composante majeure des équipes de soins.

Ils interviennent dans les établissements hospitaliers, les centres de santé, les services de maternité, les programmes de vaccination, la prévention des maladies, les soins communautaires et de nombreuses situations d’urgence.

Une pénurie de personnel peut donc avoir des conséquences sur la capacité des systèmes de santé à répondre aux besoins des populations.

Le problème devient particulièrement important dans les régions confrontées à une croissance démographique rapide, aux maladies chroniques, aux épidémies ou à des situations humanitaires complexes.

Former davantage, mais aussi retenir les professionnels

Augmenter le nombre d’infirmiers formés constitue une partie de la réponse, mais l’OMS insiste également sur la nécessité de créer des emplois et de retenir les professionnels dans les systèmes de santé.

La formation doit être accompagnée de conditions permettant aux professionnels de rester dans leur pays et d’exercer dans les zones où les besoins sont les plus importants.

La répartition géographique représente notamment un enjeu majeur : les grandes villes disposent souvent de davantage de ressources sanitaires que les zones rurales ou éloignées.

Un défi particulièrement important pour l'Afrique

La question des ressources humaines en santé revêt une importance particulière pour le continent africain.

L’OMS Afrique rappelle que les systèmes de santé de la région doivent simultanément assurer les soins courants et se préparer à des urgences telles que les épidémies, les crises humanitaires et les catastrophes sanitaires.

Dans ce contexte, disposer d’un personnel de santé suffisamment nombreux, correctement formé et équitablement réparti devient une composante essentielle de la sécurité sanitaire.

Le vieillissement des professionnels ajoute une pression supplémentaire

L’OMS attire également l’attention sur le renouvellement des effectifs.

Dans certains pays à revenu élevé, une proportion importante des infirmiers approche de l’âge de la retraite. Ces pays devront donc anticiper le départ de nombreux professionnels tout en évitant de dépendre excessivement du recrutement de personnels formés à l’étranger.

Cette situation pose une question internationale : comment répondre aux besoins des pays qui manquent de professionnels sans aggraver la pénurie dans les pays qui les forment ?

Investir dans les infirmiers, c’est investir dans les systèmes de santé

Pour l’OMS, les investissements dans la profession infirmière doivent être considérés comme une priorité de santé publique.

Il ne s’agit pas seulement d’augmenter les effectifs. Les politiques doivent également favoriser la formation de qualité, l’emploi, la répartition équitable des professionnels et leur maintien dans les systèmes de santé.

Ces investissements peuvent contribuer à améliorer l’accès aux soins et à renforcer la capacité des pays à faire face aux futures crises sanitaires.

Un enjeu qui concerne toute la planète

La pénurie d’infirmiers n’est pas seulement un problème professionnel.

Elle concerne directement les patients, les familles, les hôpitaux et l’ensemble des systèmes de santé.

À mesure que les populations vieillissent et que les maladies chroniques deviennent plus fréquentes, la demande en soins risque de continuer à augmenter.

La question est donc désormais de savoir si les pays seront capables de former et de conserver suffisamment de professionnels pour répondre à cette demande.


La progression du nombre d’infirmiers dans le monde constitue une évolution encourageante, mais elle ne doit pas masquer les importantes inégalités qui persistent.

Avec une pénurie mondiale encore estimée à 5,8 millions d’infirmiers en 2023, le défi reste considérable.

Pour l’OMS, la réponse passe par des investissements durables dans la formation, l’emploi et la rétention des professionnels.

Derrière chaque statistique se trouve une réalité concrète : la capacité d’un système de santé à disposer de suffisamment de professionnels pour prendre soin de sa population.

Source principale : Organisation mondiale de la Santé, Nursing workforce grows, but inequities threaten global health goals

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