Prévention et santé publique

Dans les hôpitaux, l’hygiène devient un enjeu mondial : pourquoi l’eau et l’assainissement peuvent sauver des vies

EVE HEALTHY - EVERHALDO. H 18 AugAugAugAug 2026 Prévention et santé publique

Dans les hôpitaux, l’hygiène devient un enjeu mondial : pourquoi l’eau et l’assainissement peuvent sauver des vies

Lorsqu’une personne entre dans un établissement de santé, elle s’attend naturellement à y trouver un environnement propre, sûr et adapté à sa prise en charge.

Pourtant, un nouveau rapport publié par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’UNICEF montre que cette réalité est encore loin d’être universelle.

En 2025, seulement 40 % des établissements de santé dans le monde répondaient au standard de base pour l’assainissement, tandis que 59 % atteignaient le niveau de base pour le nettoyage environnemental.

L’hygiène hospitalière n’est pas une question secondaire

L’eau et l’assainissement sont parfois considérés comme des infrastructures ordinaires.

Dans un établissement de santé, ils constituent pourtant une véritable composante de la sécurité des soins.

Les toilettes, les points d’eau, le lavage des mains, le nettoyage des salles et la gestion des déchets contribuent tous à limiter les risques de transmission d’agents infectieux.

Lorsque ces services sont insuffisants, la prévention des infections devient plus difficile.

Un risque pour les patients et les professionnels

Les patients ne sont pas les seuls concernés.

Les médecins, infirmiers, agents d’entretien et autres professionnels de santé travaillent quotidiennement dans ces environnements.

Un établissement qui ne dispose pas de procédures efficaces de nettoyage ou de moyens suffisants pour assurer l’hygiène peut donc exposer l’ensemble de son personnel à des risques évitables.

L’OMS souligne que le nettoyage environnemental constitue un élément essentiel de la prévention et du contrôle des infections.

Les nouveau-nés et les femmes enceintes particulièrement concernés

L’environnement sanitaire est particulièrement important dans les services de maternité et de soins néonatals.

Les nouveau-nés sont particulièrement vulnérables aux infections, tandis que les femmes enceintes peuvent avoir besoin de soins dans des conditions d’hygiène rigoureuses.

L’OMS et l’UNICEF soulignent que l’absence de services WASH — eau, assainissement et hygiène — peut représenter un risque important pour les femmes pendant l’accouchement, les nouveau-nés et les jeunes enfants.

L’hygiène menstruelle doit aussi être prise en compte

Une infrastructure sanitaire peut exister sans être réellement adaptée aux besoins des utilisateurs.

Le rapport indique qu’environ la moitié seulement des établissements disposaient d’installations permettant de répondre correctement aux besoins liés à l’hygiène menstruelle.

Cette question est particulièrement importante dans les établissements accueillant des adolescentes, des femmes enceintes ou des patientes hospitalisées pendant plusieurs jours.

L’accessibilité pour les personnes handicapées

Les personnes à mobilité réduite rencontrent également des difficultés lorsque les sanitaires ne sont pas conçus pour être accessibles.

L’OMS et l’UNICEF rappellent qu’un service sanitaire de qualité doit tenir compte des besoins des personnes ayant des limitations de mobilité.

L’objectif n’est donc pas simplement d’avoir des toilettes.

Il faut disposer de toilettes sûres, utilisables, accessibles et adaptées.

Des progrès, mais encore beaucoup de travail

Le rapport publié aujourd’hui montre néanmoins que des progrès ont été réalisés depuis 2015.

Les services de base d’eau, d’hygiène et de gestion des déchets ont progressé au niveau mondial.

Mais les données montrent également que les avancées ne sont pas suffisamment rapides et que les écarts restent importants entre les pays.

Dans les pays les moins avancés, seulement 24 % des établissements de santé atteignaient le standard de base pour le nettoyage environnemental en 2025.

Une question liée à la résistance aux antimicrobiens

L’hygiène hospitalière possède également une dimension importante dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens.

Lorsque les infections peuvent être évitées grâce à une bonne prévention, le recours aux traitements antimicrobiens peut également être mieux maîtrisé.

Le rapport de l’OMS et de l’UNICEF souligne que les environnements de soins contaminés peuvent contribuer aux infections associées aux soins et à la propagation de la résistance aux antimicrobiens.

Les pays doivent désormais mesurer la qualité, pas seulement la présence

L’une des recommandations importantes du rapport est de dépasser une approche limitée à la présence d’infrastructures.

Avoir une toilette ne suffit pas.

Avoir un point d’eau ne suffit pas non plus.

Les autorités doivent également vérifier si les services sont fonctionnels, fiables, sûrs, accessibles et correctement entretenus.

Cette évolution pourrait améliorer considérablement la qualité des données disponibles sur les conditions réelles dans les établissements de santé.


La santé publique ne se résume pas aux médicaments, aux vaccins et aux technologies médicales.

Un système de santé efficace commence aussi par des éléments fondamentaux : de l’eau sûre, des toilettes adaptées, une bonne hygiène des mains, des locaux propres et une gestion sécurisée des déchets.

Le nouveau rapport OMS-UNICEF rappelle que ces conditions restent insuffisantes dans une grande partie des établissements de santé du monde.

Garantir un environnement sanitaire sûr dans les hôpitaux n’est donc pas un luxe : c’est une condition essentielle pour protéger les patients, les nouveau-nés, les familles et les professionnels de santé.

Source : Organisation mondiale de la Santé et UNICEF, rapport mondial sur l’eau, l’assainissement, l’hygiène, le nettoyage environnemental et la gestion des déchets dans les établissements de santé, publié le 18 août 2026.

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